CONGRÉGATION


La pensée maîtresse de la vie de Charles DEMIA, son Charisme est assurément,

 

Le soin des pauvres,
en particulier l’Education des enfants pauvres.

 

Il a ouvert le sillon.
Si une partie de ses initiatives ne devaient pas durer, « ses efforts néanmoins ont été couronnés de succès :
       « La Congrégation des Sœurs Saint Charles de Lyon, issue de la communauté des maîtresses d’école qu’il avait fondée, a subsisté, prospéré, grandit… »

En 1680, les premières Maîtresses étaient réunies sous le patronage de Saint Charles Borromée. Cette Communauté naissante était l’humble semence destinée à devenir un arbre aux solides racines. Dès 1802, de nombreuses et pressantes demandes se font entendre en faveur des villes et des campagnes :
       « Ecoles, pensionnats, orphelinats, institution pour sourdes-muettes, hôpitaux et hospices de vieillards, soin des aliénés, visite des pauvres et des malades. »

Telle fut, malgré les nombreux remous politiques, sociaux et religieux de ce temps, la floraison d’œuvres où le zèle des Sœurs trouva libre champ pour s’exercer.
       « Vers la fin du XIXème siècle, la Congrégation compte 230 Etablissements comprenant souvent plusieurs œuvres ; elle reçoit plus de 40 000 enfants dans les Ecoles, s’occupe des tout-petits dans le Crèches et « Salles d’asile », soigne plus de 4 000 malades ou vieillards dans les Hôpitaux et Hospices, assiste environ 6 000 familles pauvres dans les dispensaires et « bureaux de bienfaisance.»

Elle rayonne successivement dans plusieurs diocèses de France, appelée par les Ediles des villes et des villages, les Prêtres des paroisses, quelquefois les Evêques, pour ouvrir des Ecoles et soigner malades et vieillards dans les Hôpitaux et les Hospices, recherchant et accueillant toutes occasions de porter la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ.
       « Etre maîtresses d’école, dans l’Eglise, c’est être ange corporel et visible, établi de Dieu pour l’instruction des enfants, et leur éducation dans la piété… Les sœurs regarderont comme l’objet capital de leur ministère, d’apprendre à leurs élèves ce qu’il faut qu’elles fassent pour se sauver, et, pour cela s’appliquer à leur faire le Catéchisme de la manière la plus profitable… Elles sont, dans l’Eglise de Dieu, comme ceux qui jettent le fondement d’un édifice, car la première instruction qu’elles donnent à leurs enfants est le fondement de leur piété future… C’est Jésus lui-même qu’elles aiment, assistent et consolent dans la personne des enfants, des pauvres, des malades… 

       Ainsi répondent-elles à l’invitation du Seigneur : « Ce que vous aurez fait à l’un de ces petits, c’est à moi que l’aurez fait.  Mat. 25 » Charles Démia

       Fidèles au charisme de notre Père et Fondateur, et aux exemples de sa vie, nous sommes religieuses vouées aux œuvres d’apostolat, vie fondée sur l’amour du Christ, imprégnée de contemplation et de prière. » Constitutions Art. 1

 

L’arrivée du XXème siècle

Ne mettra pas de terme à l’hostilité déployée contre les Congrégations religieuses, et particulièrement les Congrégations enseignantes : « effondrement d’œuvres multiples, harcèlement judiciaire, laïcisation puis fermeture des écoles publiques. » Les Sœurs cherchent des locaux pour ouvrir des écoles libres « La persécution va son train, on pressent la grande rafale qui ébranlera l’enseignement chrétien ».
C’est sa qualité d’hospitalière, déclarée dans ses statuts, reconnue et confirmée par jugement du 25 mars 1905, qui sauvera l’Institut de la nomination d’un liquidateur… et obtiendra du Conseil d’Etat une décision favorable pour conserver le DROIT D’EXISTER ;

Eprouvée au dehors, la Congrégation l’est encore au-dedans par la dispersion et le départ d’un nombre important de religieuses. Pourtant, comme au temps de la Révolution, « après que la hache eut retranché à l’arbre ses branches les plus vigoureuses, voici que du tronc même poussent des rejetons et que les branches émondées reverdissent ».
Ainsi la Congrégation verra-t-elle se reconstituer des œuvres anciennes et s’édifier de nouvelles institutions.

Elle s’implantera en Italie dès 1903, en Suisse en 1907 pour l’accueil et l’accompagnement de jeunes mères seules et de leurs enfants.

Elle ouvrira la Clinique Saint-Charles en 1909 ; et après la Seconde Guerre mondiale, transformera les orphelinats de jadis en Instituts spécialisés dans l’accueil des enfants et adolescents présentant des déficiences intellectuelles et des troubles du comportement.

En 1937, répondant à l’Appel de l’Eglise pour le Service de la Mission, les premières Sœurs partent pour l’AMERIQUE du SUD, le BRESIL. Elles resteront à Petropolis, dans l’Etat de RIO de JANEIRO jusqu’en 1967, puis s’avanceront à l’intérieur des terres encore vierges, dans le PARANA, et en 2003 et 2007, en AMAZONIE, Etat du RONDONIA.
Elles sont enseignantes dans deux écoles qu’elles gèrent elles-mêmes et dans un Centre de Formation générale et professionnelle diocésain à Guajara-Mirim, Catéchistes, coordinatrices des multiples activités paroissiales, elles visitent les familles, les malades, les vieillards, toujours les pauvres.

Constituée canoniquement en Région, la Mission du Brésil compte 27  sœurs brésiliennes, dans 6 communautés.
Une Novice est en formation à Maringa.

En EUROPE, les mutations galopantes de la société, les difficultés de transmission de l’Evangile, la déchristianisation entraînent une lourde chute des entrées dans la Vie religieuse en même temps que le vieillissement limite engagement et Activité apostolique.
Progressivement nous devons laisser nos Institutions, mais non les fermer.
Cependant, les enseignements du Concile VATICAN II, la réflexion avec diverses Institutions d’Eglise ouvrent nos intelligences et nos cœurs à la reconnaissance de la place des laïcs dans le Peuple de Dieu et s’instaure la fructueuse et enrichissante collaboration que nous vivons aujourd’hui. Ainsi continue de vivre, à travers nous et ceux qui collaborent à notre Mission, le Charisme de Charles Démia.

Comment ne pas reprendre ici les mots de Guy AVANZINI :
       « Pour le pérenniser, le Charisme doit articuler la fidélité et l’inventivité… Réussir une fidélité inventive ou une inventivité fidèle. Remonter, moins aux origines, car on ne cesse de s’en éloigner, mais aux sources qui ne cessent d’irriguer et auxquelles il ne faut cesser de s’abreuver. C’est en ce sens que les valeurs fondatrices sont à la fois dynamisantes et régulatrices.
Heureuse l’institution qui a un esprit, indissociable de l’inspiration évangélique à  laquelle nous devons notre existence. Cela confère une dimension spirituelle qui fait notre force et nourrit notre énergie…
Mais cette source inépuisable est aussi ce qui suscite une redoutable exigence : face à une fidélité qui pourrait menacer les transformations en cours, risquer une inventivité qui l’assure et la garantisse ».


C’est tout le travail de l’Esprit dans l’Histoire de notre Congrégation « Histoire vivante que nous continuons d’écrire » selon la belle expression de Jean-Paul II.

Nous pouvons en relever les constantes, depuis 1680, date à laquelle Charles Démia a voulu une Communauté de Maîtresses d’école, jusqu’à aujourd’hui, et pour demain.

       -  L’attention à toute nécessité, aux besoins des temps et des lieux, suscitant créativité et initiatives.
       - Volonté d’agir, avec clairvoyance, précision et rigueur.
       -  Persévérance dans l’action décidée et voulue.
       - Recherche du Bien commun, dans la fidélité à la volonté de Dieu,  par l’appel à diverses médiations : appel à la collaboration des laïcs, recherche de conseils, d’accompagnement, référence constante à l’Eglise.

Toutes expressions d’une Vie apostolique, elle-même fruit de la contemplation et de la Prière.
       « qui se fonde sur la parole de Dieu, se sent poussé à porter la Bonne Nouvelle du salut à ses frères. Disciple et missionnaire sont comme les deux faces de la même pièce : lorsque le disciple est amoureux du Christ, il ne peut qu’annoncer au monde que Lui seul nous sauve. » Benoît XVI Aparecida

« Disciples et missionnaires de Jésus-Christ pour que nos peuples aient la vie en Lui. »
Le thème, choisi pour la Vème Conférence générale de l’Episcopat d’Amérique Latine et des Caraïbes, tenue à Aparecida en 2007, commenté par Benoît XVI dans la Session inaugurale reprend parfaitement pour nous la démarche de notre Maître Charles Démia, sa Spiritualité façonnée par l’Ecole Française.
Aussi bien a-t-on pu dire de lui : « qu’il n’était homme d’action que parce qu’il était avant tout homme de prière ».

Ainsi débutent nos Constitutions :
« Fidèles au charisme de notre Fondateur et aux exemples de sa vie, nous sommes religieuses vouées aux œuvres d’apostolat, vie fondée sur l‘amour du Christ, imprégnée de contemplation et de prière. C’est lui que nous voulons servir dans ses membres, de sorte que « notre activité apostolique dérive de notre union avec lui ». (P.C. 8)

 

Et apparaissent dans cet Article premier, les éléments qui donnent Sens  à notre Vie religieuse Apostolique

 

Vie spirituelle  essentiellement christocentrique,
c’est-à-dire ayant pour centre et objet le Verbe fait chair,
« Ma vie, c’est le Christ » ;

également théocentrique dans sa relation au Père,
au Fils, à l’Esprit, dans la Trinité ;

apprenant de Marie à communier aux mystères de la vie du Christ ;

reconnaissant alors dans l’Incarnation l’accomplissement de la nature humaine,
la place de l’homme au sommet de la création, partenaire de Dieu sur cette terre,
gérant de la Création ;

inspirant et informant toute l’activité missionnaire :
Il m’a envoyé porter aux pauvres la Bonne Nouvelle ».

Et « Servir l’homme dans la totalité de son être »

       Dans sa formation, son éducation, son instruction ;
       Dans son corps, sa santé déficiente, et sa vieillesse.

Charles Démia